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Titre du blog : lettres de la campagne
Auteur : sorel
Date de création : 17-05-2008
 
posté le 26-10-2010 à 11:03:36

L'imprimerie de Virginia Woolf.

L'aventure de la Hogarth Press, qui va publier l'essentiel de l'oeuvre de Virginia Woolf (et des textes de Katherine Mansfield) illustre la qualité des rapports que peuvent entretenir des écrivains avec l'imprimerie. Surtout lorsque la création se fait en circuit court (Restif de la Bretonne, lui, compose directement ses textes) et nombreuses aujourd'hui sont les entreprises de ce genre qui s'inscrivent dans une politique éditoriale totalement différente de celle pratiquée par les "grandes" maisons d'édition qui obéissent à des impératifs commerciaux.
Le journal de Virginia Woolf, et maints témoignages de ses amis et  de son entourage, montrent combien la présence de cette imprimerie au coeur de la vie du couple qu'elle formait avec Léonard va interférer  sur leur comportement et cristalliser des relations avec quelques uns de leurs intimes engagés avec eux dans cette passionnante expérience.
Modeste, facilement malléable, la presse par ses dimensions mêmes, devient le prolongement de la machine à écrire, la multiplication du texte à la mesure humaine et dans un rythme qui est artisanal, propice à des initiatives improvisées, à l'utilisation de beaux papiers, à l'ajout d'illustrations elles-mêmes demeurées au stade de la création à l'atelier (gravures). C'est toute une poétique du livre qui en découle.


 

Commentaires

Saintsonge le 26-10-2010 à 14:37:12
Il revient à ma mémoire que Balzac avait , lettre après lettre, composé ses premiers ouvrages, aussi... Sans compter les Guntemberg et Diderot des valeureux encyclopédistes !

Sous l'ère Victorienne, les névroses de cette dame d'exception , consultante (visiteuse plutôt) de Freud fuyant le régime Nazi, il lui remit un...Narcisse, pour politesse d'accueil (curieux n'est-il pas ?) ; c'est d'elle que j'appris à "plonger au plus profond de soi"... , elle dont la fin tragique me fait encore frémir, vous l'écrivant... Ce froid et ce gris automnaux m'y font penser... J'ai la mer au bout de ma rue, mais je n'ai pas de cailloux (ni le courage Woolfien de la "tristesse", sûrement !)..., et mes poches sont trouées à la Rimbaud, aussi , du reste !...