VEF Blog

Titre du blog : lettres de la campagne
Auteur : sorel
Date de création : 17-05-2008
 
posté le 17-02-2011 à 12:12:43

James Pichette et le jazz.

C'était dans le sombre (et très bourgeois) appartement de la Place de la République (à Paris) alors que nous préparions l'ouvrage sur James Pichette, le frère du poète Henri Pichette.
 Dans le grand silence de la réflexion autour de la maquette du livre à venir, Henri passait telle une ombre, sans mot dire (maudire !) et James soulignait l'étrangeté de la situation qui voulait que sa gloire fût dépendante de celle d'Henri qui l'avait entraîné dans la formidable aventure de sa carrière poétique qui le plaçait comme le plus singulier parmi ceux qui surgirent au lendemain de la guerre. Le parrainage d'Artaud en ayant amplifié le prestige.
Et James dans cette dualité qui pouvait aussi lui faire ombre ?
Il s'en tirera avec tous les honneurs de sa propre énergie, se situant dans l'aventure picturale qui revendiquait la primauté du signe, de l'abstraction retrouvant les vertus de l'écriture, en était une manière de développement.
C'était le règne des grands : Hartung, Soulages, Schneider, Mathieu, et tout un mouvement d'ardente création qui s'appuyait assez volontiers sur la poésie, ou en soulignait les forces profondes. D'où les collaborations fréquentes entre peintre et poète qui va marquer, après celle du surréalisme, la génération des années 50.
A quoi s'ajoute, pour James Pichette, la fraternité de son travail de peintre avec le jazz. Ce fut l'aventure de l'exposition "L'âge du jazz" (au musée Galliera et à celui de la Ville de Paris) qui allait souligner l'étroite collaboration et le jeu d'influence de  la musique sur la peinture, qui d'ailleurs n'était pas nouvelle. Ne voyait-on pas dans l'exposition Mondrian, Delaunay, Miro, Henri Nouveau, Picabia, Fernand Léger ,
Comme son ami Jean Berthier, James Pichette aimait aussi peindre en public, au coeur d'un orchestre de jazz. La fusion était totale, la peinture était un "instrument" jouant de toute la magie de sa puissance d'évocation.

 

Commentaires

saintsonge le 17-02-2011 à 12:46:26
On y voit bien l'allure du saxophoniste très inspiré par ses improvisations, mais aussi la faucille, mais aussi le marteau, sur ce "dessin" (à dessein ?).... J'ai bien sûr lu Henri, n'ai pas suivi l'évolution de son frère.... Un Pichette en cache un autre alors ? Cela qui m'amène curieusement à Guerin qui avait cousu dans les luxueux vêtements de sa défunte mère le manuscrit .... du Temps Retrouvé !...

Très beau soleil, ce jour , dans le "bleu" d'un ciel de plage, voyez, il y a tout lieu de s'émerveiller encore au lever du soleil après une journée déplorable comme celle d'hier, ici, du moins, tout le matin !... Je relis en ce moment de Paulhan "Braque, le patron" ; vous connaissez donc, oui, vous connaissez donc...