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Titre du blog : lettres de la campagne
Auteur : sorel
Date de création : 17-05-2008
 
posté le 26-05-2010 à 14:31:28

De Miller à Artaud l'itinéraire du cri.

D'Henry Miller à Antonin Artaud, l'itinéraire du cri.

Le cri va chercher ses vibrations dans les tréfonds de l'être, là où les organes jouent ce rôle d'une usine à sang, à sperme et à souffrance. La voix qui en est la modulation, mais qui en conserve l'essence vitale, fait son chemin ( c'est Miller qui le précise) "à travers la chair, les os, les humeurs (elle) transporte ce qui s'est tapie tout au fond des organes". Ce qui rappelle l'injonction d'Artaud, demandant à ses comédiens d'aller chercher dans cette sourde rumeur des organes le souffle vital, quand parler, souvent, n'est qu'à la dimension de la tête, en circuit court et sans chair.
C'est toute l'esthétique du théâtre qui en est modifiée, et la gestuelle sera en conformité avec l'émission du son. Portée aux excès, à l'intempérance, déversant ce trop-plein d'émotions, de sensations, qui gîte dans notre corps souffrant, notre corps brûlant, quand les usages de la société en interdit l'expression, en gendarme les élans.
La voix est à la dimension de ce que nous portons en nous, au plus profond de notre inconscient, c'est sans doute pourquoi le chant en donne une dimension bien plus perceptible, plus expressive.
Comme le jazz tire des instruments (saxophone, trompette) les vibrations les plus cachées en leur matière même, déjouant l'ordre voulu par les disciplines d'un solfège qui y perd son rôle d'ordonnateur, glissant vers l'improvisation.

 

Commentaires

saintsonge le 26-05-2010 à 16:25:33
Tout à fait (vécu), l'un des tableaux que je préfère de Munch, d'ailleurs...., aussi.